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VFX et réalité

Les effets spéciaux sont-ils utiles pour créer une autre réalité au cinéma ? Une hyper – réalité ? Ou encore du rêve ? A moins que ce ne soit que pour une meilleure recette ?

On peut faire remonter l’histoire des effets spéciaux au cinéma au temps héroïque de Georges Méliès, souvent considéré comme le père des FX d’aujourd’hui. Ce fantastique magicien de l’image cinématographique, auquel Martin Scorcese a rendu un superbe hommage dans le film Hugo Cabret, a montré la voie royale des effets spéciaux, avec une règle d’or incontournable : montrer l’immontrable.

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Rêve ou réalité

L’usage des effets spéciaux au cinéma est vaste et peut avoir plusieurs finalités. Celle de Méliès était clairement de faire rêver le spectateur, en créant des images impossibles et donc absolument pas réelles. Cependant, l’usage de la caméra a souvent été mis en avant pour montrer des images tellement réelles que l’on ne pouvait oser les imaginer dans une salle de cinéma. Ainsi, l’effet du fameux train en gare de La Ciotat (en 1895, année de création du cinéma), dont l’hyper réalité déclencha même un vent de panique dans la salle tellement le train semblait foncer droit sur les spectateurs

Aujourd’hui, ces deux grands courants des origines des SFX continuent chacun leur chemin : dans le premier, on retrouve les héros d’Avatar en bleu, monstres et dragons en tous genres, etc. Dans le second, on peut voir la trajectoire d’une balle au ralenti dans Matrix, ou le train traverser la gare dans Hugo Cabret, etc. (un sacré clin d’œil au train de La Ciotat).

Art ou argent ?

L’utilisation des effets spéciaux dans un film n’est absolument pas un gage de qualité. Il y a de très grands films avec des effets spéciaux extraordinaires (souvenons-nous de Titanic de Cameron (qui vient de ressortir en 3D) ou de la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson par exemple). Malheureusement, il existe aussi quantité de films de très mauvais niveau, dont l’attrait des spectateurs repose essentiellement sur les effets spéciaux, avec une histoire très pauvre, voire navrante, et dont le seul objectif est de faire recette auprès d’un public toujours avide de sensations.

Ici est le principal piège pour les SFX : il est très tentant d’en rajouter, de faire de l’esbrouffe pour séduire, mais pas toujours au service du scénario et de la qualité de l’œuvre. La « 3D » que le grand public comprend au sens de « stéréo » est le champion de ce syndrome : combien de navets sont sortis dans les salles depuis 3 ans, avec le logo « 3D » pour espérer faire recette ? Un débat sans fin…

Astuces ou Technologies

Certains budgets de films (surtout Américains) donnent le vertige, et souvent dus à l’usage de matériels et techniques d’effets spéciaux à coûts exorbitants. James Cameron, Peter Jackson, Steven Spielberg, Martin Scorsese en sont les champions du monde. Mais ce type de réalisation n’est pas à la portée de tous les réalisateurs, notamment en France où les budgets sont plus resserrés. Méliès encore avait montré la voie : avec des moyens de bric et de broc, il a réussi des prouesses encore aujourd’hui légendaires. Et il est important ici de préciser que le talent du réalisateur et/ou du superviseur des effets spéciaux prime sur les moyens financiers (même si ceux-ci vont souvent de paire). Aujourd’hui, on peut espérer refaire le film En pleine tempête avec Georges Clooney , avec un simple logiciel gratuit (Blender), dont les simulations de fluides sont tout simplement impressionnantes : le talent du réalisateur va alors être fondamental.

Cette remarque est très importante : il n’y a pas de logiciel magique, pas de technique extraordinaire, sans un usage approprié par un bon réalisateur ! Des outils Open Source en de bonnes mains feront toujours meilleur effet que les outils les plus onéreux de la planète avec de piètres techniciens aux commandes. D’où la très grande importance de bonnes formations dans le domaine, où l’apprentissage de logiciels seuls n’est pas du tout suffisant…

Nos 7 conseils pour des FX réussis

Pour éviter tous ces écueils, nous vous livrons quelques lignes directrices à suivre :

– 1 – Regardez un maximum de films avec effets spéciaux (le bons et les mauvais) et imprégnez-vous en.

– 2 – N’oubliez jamais Georges Méliès, et demandez-vous ce qu’il aurait fait à votre place…

– 3 – N’intégrez des effets spéciaux dans un scénario que s’ils apportent un gain de qualité ou d’intérêt.

– 4 – Avant de dépenser beaucoup d’argent, voyez ce qui existe comme outils Open Source ou en « bric à brac »…

– 5 – Posez vous toujours la question : ce FX a-t-il un sens dans mon film ?

– 6 – Rendez possible ce qui est impossible, que cela semble réel (la pub du Pepsi Glue Boy) ou surnaturel.

– 7 – Faites que vos effets spéciaux soient…invisibles ! C’est-à-dire que l’on puisse se demander si l’image est vraie ou truquée sans en être certain.

De Bonnes lectures :

Effets spéciaux : un siècle d’histoires. Pascal Pinteau. Ed Minerva. 2003. Un incontournable livre qui fait le tour de la question.
Du trucage aux effets spéciaux. CinémAction N°102. 2002. Avec des textes plus théoriques, et une grande réflexion sur les FX.
– La revue S.F.X, bimestriel de référence publié depuis 20 ans par Alain Bielik, rédacteur en chef spécialiste de la discipline.

Des sites majeurs (en plus des making-of de Pixelcreation bien sûr):
– La Lune Rouge, site majeur en France pour les SFX : www.lunerouge.org
– Le plus grand magazine mondial sur les effets spéciaux : www.cinefex.com

Dossier réalisé par Wilhelm Kuhn et Paul Schmitt

Catégorie : Logiciels & TechniquesSecteur 3D

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