« Tous mes films sont tous mes enfants » a dit un jour Hayao Miyazaki. Celui que l’on surnomme « le maître de l’animation » a réalisé des longs-métrages fascinants et pleins d’enseignements qui resteront gravés dans les mémoires. A l’occasion de son dernier film sorti ce 22 janvier, voici une rétrospective de la carrière cinématographique de Miyazaki…
Un travailleur acharné
Il était une fois, un petit garçon tokyoïte qui grandit dans les ruines de la Seconde Guerre Mondiale. Un père aviateur, une mère malade, et la famille qui déménage souvent. Le jeune homme dessine souvent, des croquis d’avions, des mangas, et se prend d’affection pour le film d’animation en couleurs, « Le serpent blanc », du studio Toei. Ce dernier est d’ailleurs le tremplin de son premier emploi comme intervalliste. Il cherche, monte en grade, propose de nouvelles idées et participe à plusieurs projets (Hustle Punch, Horus roi du soleil). Il travaille avec sa femme sur Le Chat Botté ou Le Vaisseau Fantôme Volant. Il fait partie de plusieurs séries animées ou films et crée même un manga, Le Peuple du Désert. Il quitte Toei pour rejoindre deux collègues, Isao Takahata et Yoichi Kotabe et ainsi réaliser plusieurs courts-métrages et dessins animés. En 1979, il sort son tout premier film en tant que réalisateur : Le Château de Cagliostro, une étape marquante dans l’histoire de Miyazaki.
Studio Ghibli : la machine est lancée
Le scénario de Nausicaa : la vallée du vent n’est pas soutenu par les producteurs. Qu’à cela ne tienne, Miyazaki réalise un manga très apprécié qui lui vaut enfin de réaliser le long-métrage. Le succès est immédiat, et en 1985, Miyazaki créé son propre studio d’animation : Ghibli. Le nom vient d’un mot que les italiens utilisaient durant la Seconde Guerre Mondiale pour désigner un… avion. Tout s’explique ! Un an plus tard sort dans les salles de cinéma Le Château dans le Ciel. La consécration vient avec Mon Voisin Totoro, sûrement le film le plus connu du réalisateur. Totoro devient l’emblème du studio Ghibli et les japonais raffolent de l’histoire et des graphismes. En artiste prolifique, Kiki la petite sorcière est un film sorti en 1989, qui est également une réussite. Le studio Ghibli sort Porco Rosso en 1992 : celui-ci est un peu différent des autres films à cause de son personnage adulte et de son contexte historique. S’enchaînent les réussites cinématographiques : la Princesse Mononoké, fable sur l’écologie, Le Voyage de Chihiro, sorte d’Alice au Pays des Merveilles version Miyazaki, puis le Royaume des Chats, le Château Ambulant, Ponyo sur la Falaise… pour arriver au dernier, Le Vent se lève.
Un dessin atypique et une animation reconnaissable
Miyazaki s’implique tout au long du processus de création du film qu’il souhaite faire. Scénariste, réalisateur, il vérifiait au début de sa carrière tous les dessins du storyboard. Apprenant à déléguer, il reste vigilant. L’animation traditionnelle est encore privilégiée par Miyazaki, cependant depuis Princesse Mononoké la peinture numérique est utilisée : le réalisateur souhaite harmoniser le travail à la main et le travail par ordinateur. La 2D est alors cohérente, élégante tout en restant unique.
Onirisme et mélancolie
Miyazaki n’a pas fait « que » réaliser des films, il a créé un univers bien à lui, un monde onirique, poétique, dramatique et métaphorique. Tous les grands réalisateurs possèdent un style, une « patte » bien à eux : lorsque le spectateur regarde l’œuvre, il sait qui l’a fait. Ce qui fait la profondeur des films de Miyazaki, ce sont les messages puissants qui se dégagent d’eux, ainsi que leur portée internationale, non restreinte aux seuls japonais. Des thèmes comme la guerre, l’écologie, les animaux, la maltraitance des enfants, la vie, la mort, des questions existentielles ou ancrées dans la réalité, le tout représenté sous les traits d’un dessin sublimé par l’animation. Miyazaki a profondément marqué son époque en réalisant des petits bijoux d’animes aux personnages attachants et aux histoires originales.
Féminisme, enfance et machinerie
En féministe convaincu, l’œuvre de Miyazaki est très intéressante du point de vue de ses personnages complexes et hauts en couleurs. Fortes et pleines de conviction (Chihiro, Mononoké, Kiki) mais également vulnérables et sensibles, les femmes sont bien présentes dans tous ces films. Les principaux personnages de l’univers du réalisateur sont souvent des enfants ou des adolescents : la figure de l’enfant, vivant en épanouissement et en découverte est fascinante pour Miyazaki. A côté de cela, viennent se greffer des éléments fantastiques, la plupart du temps des machines (le Château Ambulant, Porco Rosso, Le Vent se Lève). Des avions, des forteresses volantes, des maisons ambulantes…On peut noter également des situations similaires dans plusieurs des films de Miyazaki : le respect des personnes âgées et le non-manichéisme des méchants (un méchant peut devenir gentil, et vice-versa). Il s’éloigne de l’éternel schéma où tous les personnages rentrent dans un cadre bien déterminé.
Un dragon, un chat, un feu qui parle, une sorcière, un porc aviateur, ces éléments sortis tout droit de l’imaginaire de Miyazaki nous emmènent dans des univers lointains et fantastiques, et nous font réfléchir sur l’existence. Des films d’animations à voir et à revoir pour déceler les messages cachés, les codes et surtout profiter de dessins sublimes.
3 comments
comment s’appelle le manga de la quatrième image la ou il y a le dragon japonais SVP merci de répondre a mon message :)
Le film est « Le Voyage de Chihiro » et le dragon s’appelle Haku.
J’adore ce manga! C’est genial, je trouve!