https://www.e-tribart.fr/blog/confiants-dans-leurs

Portrait de prof #2 : Nathalie Gatto

Bienvenue dans ce nouveau portrait de prof numéro 2 ! Continuons cette série avec Nathalie Gatto, intervenante Art 2D/3D, directrice artistique et spécialiste en dessin numérique et Character Design.

Nathalie Gatto

#1 – Bonjour Nathalie ! Tout d’abord, pourriez-vous nous en dire davantage sur votre parcours avant E-tribArt ?

Bonjour, Enfant créative, j’ai toujours dessiné, modelé, imaginé des histoires, des personnages et cela passait souvent par la reproduction de mes personnages de dessins animés et de BD préférés. Adolescente, je n’ai jamais envisagé autre chose qu’une carrière de créative. J’ai quitté Nice ma ville natale, le soleil et les gobis, pour suivre une formation classique en école d’Arts, et après un premier diplôme de Design graphique obtenu à l’ESAG de Cambrai, et, toujours dans cette belle région du Nord de la France je me suis orientée vers l’informatique à Supinfocom Valenciennes. De me retrouver si jeune et si loin de mes habitudes m’a ouvert l’esprit et m’a ouverte à l’envie de bouger ailleurs, et de découvrir plus d’endroits et de rencontrer plus de gens, ce qui fut mon choix de mode de vie pendant de nombreuses années. J’ai ainsi au fil des ans évolué de productions audiovisuelles en productions, films, jeux vidéo etc. J’ai beaucoup appris de ce métier et occupé des rôles divers. Je me suis intégrée à des méthodes organisationnelles et des projets différents en travaillant dans des entreprises différentes, en France et à l’étranger et c’est comme cela, qu’il m’est, naturellement, venu le besoin de transmettre mes connaissances.

Mon expérience en tant que professeure se limitait à donner des cours d’informatique dans une petite association de quartier, cela m’a tout de même conforté dans l’idée qu’en dehors de mes activités professionnelles le rôle d’enseignante me plaisait, et que je souhaitais continuer dans cette voie. C’est tout d’abord à l’ESRA que j’ai été accueilli dans l’équipe pédagogique, ensuite The SDS où je suis également professeure, et puis E-Tribart où je travaille depuis 2016 et qui m’a permis d’organiser une pédagogie différente avec les outils révolutionnaires d’internet, et de ce que peut offrir le web pour l’enseignement des images numériques et l’enseignement spécifique de nos métiers !

Nathalie Gatto

#2 – Quand avez-vous réalisé que vous souhaitiez travailler dans l’industrie graphique ?

Je pense que cela s’est profilé petit à petit depuis l’enfance et puis cela m’a paru évident lorsque j’étais au lycée vers 16 ou 17 ans. À l’époque le graphisme n’était pas en vogue et les outils numériques dédiés aux arts graphiques n’existaient pas, les ordinateurs étaient utilisés pour les métiers de la programmation.
C’est vraiment mon intérêt pour le dessin qui m’a poussé vers le graphisme.

#3 – Vous avez une formation classique, les Beaux Arts notamment, mais vous avez aussi fait Supinfocom. Racontez-nous vos formations et ce qu’elles vous ont apporté.

L’école d’art section DG, m’a apporté beaucoup de rigueur, et m’a fait découvrir l’anatomie nous avions beaucoup d’heures de life drawing cela me passionnait, et puis aussi je dirai toutes les bases d’une composition graphique, la mise en page, les bases de la photographie et de la gravure… et une culture graphique, mes tous premiers pas dans les logiciels Adobe, en bref des fondations qui me servent encore aujourd’hui. Et puis les copains d’école et l’ambiance où l’on travaillait tous dans la bonne humeur, c’était super. Après Supinfocom m’a donné toute la technique numérique et informatique qui m’a permis au sortir de cette école d’être opérationnelle et de m’intégrer dans une équipe de production. C’est une école qui m’a ouvert beaucoup de portes et que j’ai aimé suivre malgrè le rythme un peu dur parfois.

Nathalie Gatto

#4 – Vous avez toujours travaillé dans l’industrie de l’entertainment, depuis Neuroplanet en passant par Eden Games ou le studio Kuju Entertainment. Dites-nous en plus sur votre expérience de Game Artist.

J’ai découvert les tous premiers jeux vidéos sur Amstrad et Comodor, qui étaient des jeux de rôle ou à énigme puis j’ai connu la sortie des premières consoles, la 3D n’existait pas mais j’aimais déjà les jeux vidéo. C’est les bornes d’arcade de jeu de voiture où l’on insérait la pièce où je m’amusais parfois qui m’on toujours donné envi de travailler sur un jeu vidéo de voitures. C’est pourquoi j’ai quitté Angoulème où l’on produisait série TV et film en 3D pour rejoindre Eden Games sur la production de VRally, où je travaillais comme environnement artist du circuit Corse, (ça date :)), j’ai commencé labas à apprendre à écouter la direction de mon lead, quand on est jeune ce n’est pas toujours évident de se soumettre et d’aller dans le sens de la production, j’ai donc mieux appris à travailler en équipe et à rendre mon travail conforme aux différentes attentes. Globalement dans les équipes de productions de jeu l’ambiance est assez familiale, en tant que game artist on est tous passionné par les jeux, à la pause déjeuner cela est fréquent de faire des parties en réseau. Il y a beaucoup de départements différents pour la conception des jeux et ce qui est interessant c’est de bosser aussi avec d’autres personnes qui viennent de formations différentes, comme les programmeurs, les animateurs, les équipes de cinématique, le son, le marketing, le poste que j’ai le + occupé au fil des années et celui de game character artist. Ce travail demande un sens artistique aiguisé, une maitrise de l’anatomie, une culture graphique des personnages, beaucoup de rigueur et de patience, une ouverture à la direction artistique, savoir accepter les critiques, vouloir s’améliorer et de bien respecter les deadline pour être dans les temps des milestone qui sont toujours des grosses périodes de rush et de stress.
Pour moi le travail de game artist a toujours été un moyen sûre avec des revenus convenables de vivre de mes compétences artistiques et techniques.

Nathalie Gatto

#5 – Quelle est la production sur laquelle vous avez travaillé (film, jeu vidéo, illustration…) dont vous êtes la plus fière ?

Alors comme à chaque fois et bien je dirais la production actuelle. Parceque le monde de l’image est un domaine en constante évolution, et les images se datent vite au fil des ans, alors lorsque je regarde certains projets ne serait ce que 2 ans + tard je n’aime pas trop regarder. Et puis j’aime apprendre de nouvelles choses tout le temps, du coup j’ai toujours cette impression que c’est le travail actuel que je suis en train de faire qui m’apporte et m’intéresse le +.
Je me suis ouverte au print 3D il y a 4 ans. Cette technologie est incroyable et c’est vraiment un rêve pour moi de sculpter un personnage dans ZBrush et ensuite d’avoir le volume de cette miniature produite par les machines industrielles, c’est épatant le niveau de détails que l’on peut, de nos jours, obtenir pour le prototypage. Je m’occupe de la partie graphique du jeu ‘Planet of the Apes’ produit par The 20’s century fox. Il s’agit de coller aux personnages des films et de l’univers, la Fox est intransigente sur la fidélité des character design, les personnages que je crée doivent être en adéquation avec les contraintes imposées par la chaine de production américaine. Avec les années je me suis organisée pour être parfaitement autonome et bosser avec internet à distance, je pratique l’anglais quotidiennement dans mon travail et dans la vie privée.

Nathalie Gatto

#6 – Vous avez été à la fois designer, game artist et directrice artistique. Quel est le poste le plus exigeant et pourquoi ?

Je pense que cela peut dépendre aussi où on place soit même son degré d’exigence. En dehors de cela pour les postes en DG il faut être en mesure de satisfaire le client, de proposer différentes versions de son travail graphique, de faire preuve de créativité, il m’arrive de passer un temps infini sur une mise en page par exemple pour qu’elle soit équilibrée correctement parfois sur un A4 ça peut se jouer à quelque milimètres, la recherche de logo cela peut être parfois fastidieuse aussi lorsque l’image ne plait pas tout de suite et qu’il faut la réadapter…Intéressant, certes mais pas toujours facile !

Game artist il y a les contraintes liées directement au temps réel, déjà le fait que le joueur puisse tourner autour et zoomer sur les décors et les perso et bien nous concepteurs nous sommes obligés de soigner tous les moindres détails alors que pour la série ou le film on peut camoufler ce qui n’apparait pas dans le plan. Ensuite le milestone, il faut être productif, même quand on produit un travail à cheval sur la technique et l’artistique il faut être inspiré même quand on est affecté à des projets dont le style graphique n’est pas ce que l’on prefère il faut vraiment être ouvert à tout. Après en tant que femme j’ai longtemps regretté le peu de femmes dans les effectifs et les société de jeux restent encore aujourd’hui un secteur masculin.

Ensuite pour la direction artistique, là et bien il faut énormément de culture, et de maitrise de l’image, la photographie, le dessin, les outils numériques qui aident à exprimer ma créativité car il s’agit là pour moi de tout créer de A à Z et ensuite de faire en sorte que tout s’échelonne bien jusqu’aux ateliers, ne pas avoir d’état d’ame quand on doit reprendre des éléments pour les refaire dans le sens de feedback.

Nathalie Gatto

#7 – Que préférez-vous entre la modélisation, le texturing, le character design et la création d’environnements ?

J’aime tout mais j’aime changer, alterner. Je n’aime pas m’enfermer dans une tache ni dans un style, c’est pour cela que j’aime la direction Artistique et occuper différents postes dont l’enseignement fait aussi parti.

#8 – Dites-nous en plus sur les outils, logiciels que vous utilisez, quelles sont vos préférences au niveau des plugins, quelles sont vos méthodes ?

J’ai découvert la suite Adobe à l’ESAG vers 1995 environ. J’utilise et j’enseigne ces logiciels avec toujours le même plaisir. Pas une journée ne passe sans avoir ouvert ni utilisé cette suite. J’ai découvert ZBrush en 2005 par là, et j’ai réussi à le maîtriser et à l’intégrer dans mon workflow quotidiennement vers 2011, j’enseigne en dehors de mon travail ce logiciel que je trouve sensationnel !

Ensuite Allegorythmic a ouvert le champ des possible en matière de texturing ces dernières années.
J’utilise toujours 3DS Max ainsi que Maya pour certains travaux low poly, bien que je préfère les possibilités en terme de sculpting que permet ZBrush et dans lequel je peux vraiment m’exprimer.

Ensuite Marvelous Designer est la meilleure solution pour les vêtements.
De toutes façons j’aime tester aussi régulièrement un tas de solutions et de logiciels qui sortent, j’ai cette curiosité de fouiner et de chercher à comprendre de nouveaux outils pour gagner en qualité ou en temps.

Nathalie Gatto

#9 – Quelles sont vos sources d’inspiration (artistes, culture, etc.) ?

Sensible à beaucoup de forme d’Art, de visuels, et de musique. J’ai une grande admiration pour beaucoup d’artistes, en traditionnel je suis complètement fan de David Kassan, et David Jamiesson, en BD ce seront celles de mon enfance parceque je revois la petite fille que j’étais les lire et en redessiner les panels et puis + généralement tout ce qui est Fantasy art, Manga et Disney, le mélange de ces 3 courants de notre temps.

#10 – On parle souvent de la productivité à 100 à l’heure des studios et des délais intenables. Avez-vous ressenti cela durant votre carrière ?

Oui ! Il faut savoir bien s’organiser, faire preuve de maîtrise, communiquer et souvent prendre sur soi.

#11 – Quelle est la nouvelle technologie sur laquelle vous aimeriez travailler ?

Avec l’expérience aquise, j’aimerais rejoindre un projet qui puisse mettre mes compétence au service du médical ou paramédical, j’aime profondément l’être humain, le corps humain, l’anatomie. Ce serait beaucoup moins ludique que les jeux du coup je me laisse le temps pour grandir encore un peu. L’art forensique et la reconstruction faciale à partir de restes humains et avec l’aide de logiciels 3D dédiés (comme les supports utilisés à Dundee) et la collaboration avec différents corps de métiers tels que les antropologues, le fait de mettre une identité, un visage sur une victime cela est un travail très important pour les familles de ces victimes et l’entourage. Il faut bien connaître l’anatomie humaine de tous les types, comme je vous disais cela est très intéressant mais aussi moins ludique que les jeux et les films…pour le moment je consulte des ouvrages, j’approfondi mes connaissances.

Nathalie Gatto

#12 – Vous êtes enseignante à l’institut 3D e-tribArt depuis 2016 : racontez-nous votre aventure avec nous !

Et bien oui l’aventure continue cette année encore alors déjà merci à toute l’équipe d’E-Tribart pour sa considération et en premier lieu au directeur Laurent Bertrand De Balanda. Pour ma part je suis saisie par la fluidité et l’efficacité globale de la plateforme de cours. Les programmes proposés et la qualité de l’enseignement. Je n’avais jamais enseigné à distance et je voulais en faire l’expérience.

#13 – Quelle est votre partie préférée de votre travail de formatrice et pourquoi ?

Lorsque je prépare les cours il s’agit d’un long travail car j’enseigne des matières différentes et cela fait beaucoup de cours à créer comme d’exercices à concevoir et à corriger. Cette préparation me permet de me projeter et de me remettre dans la peau de l’élève que je fus. C’est très intéressant car en étant prof je suis tout le temps en train d’apprendre plein de choses, c’est sans fin. Ensuite j’aime la partie de cours où je suis avec les élèves. C’est un travail valorisant où l’on se sent très utile car on est beaucoup sollicité et aussi beaucoup d’élèves poursuivent un bon chemin.

#14 – Quel est votre film favori en 3D ou en 2D et pourquoi ?

2D le tombeau des Lucioles.
3D Tangled est celui que j’ai le + vu et revu, les cheveux ça m’a scotché.

Nathalie Gatto

#15 – Quelle est la partie la plus difficile en tant que directrice artistique dans un premier temps, et en tant qu’enseignante dans un second temps ?

Pour la DA je pense, en tous cas pour moi ce qui est difficile c’est tout ce qui peut être négociation, attendre des réponses. Je suis une anxieuse née donc pas facile de gérer ces moments là, après lorsque je suis dans le projet tout est fluide, les premières idées s’enchainent et puis tout suit son cours, jusqu’aux ateliers. Certaines attentes de validations peuvent me faire flipper, certaines attentes de feedback aussi d’ailleurs. A part ces points tout est serein et j’aime ce que je fais.

La partie la plus difficile en tant qu’enseignante serait d’avoir un élève qui s’absente à mon cours, ou qui ne fait pas les exercices etc…je trouve que cela est une situation frustrante car je n’aurais pas su communiquer ou bien transmettre comme je veux le faire. Oui ce serait une situation d’échec ça d’après moi.

#16 – Enfin, avez-vous des conseils, des anecdotes pour inspirer /aider un(e) futur(e) étudiant(e) à e-tribArt ?

Comme je dis toujours tout s’apprend avec de la perseverance ! Que ce soit en dessin oû autre on ne nait pas en sachant peindre comme Rembrandt ou dessiner comme Manalti ! Le parcours est long et une vie ne suffit pas…mais qu’importe le tout c’est de s’y mettre. Nous voyons sur les sites qui traitent des arts visuels beaucoup d’images, les artistes posent toujours leur dernière version d’image,
Merci beaucoup pour toutes vos réponses !

Un grand merci à Nathalie Gatto pour ce témoignage fourni et très intéressant. Retrouvez son profil sur LinkedIn ou sur son site web.

Catégorie : ActusTémoignages

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Les dents peuvent commencer à mal pour diverses raisons, même les personnes qui sont confiants dans la santé de leurs dents, peuvent parfois éprouver une sensation douloureuse. Cela peut être causé par certains facteurs, tels que les troubles du système nerveux, rhumes, ou si vous êtes dans la rue. Naturellement, vous ne serez pas en mesure de déterminer la cause de la douleur vous-même, et de diagnostiquer vous-même, mais si vous avez récemment visité le Bureau du dentiste et le médecin a confirmé que vous avez sur le http://mangopharmacieenligneblog.fr/acheter-cialis des dents saines et il n'y a pas de maladies de la cavité buccale, et la douleur n'est pas Retraites, ne vous précipitez pas à boire des analgésiques. Ces médicaments, en plus de l'effet apaisant, sont souvent contre-indications et sont parfois addictif.